RESPONSABLE MAIS PAS COUPABLE ….
Nous avions réclamé à plusieurs reprises et depuis bientôt trois ans, auprès de nos autorités de tutelle, l’intervention de la chambre régionale des comptes afin que les comptes du SMICVAL soient examinés.
Eh bien, c’est chose faite puisque le rapport définitif de la chambre régionale des comptes est sorti le 13 octobre 2009. Très édifiant sur la façon de gruger les contribuables par les discours qui ont été tenus !
Tous les doutes que nous avions et ce que nous dénonçions depuis trois années sont révélés au grand jour dans ce rapport.
Malheureusement, nous n’avons pas pu nous servir de ce rapport, car nous ne l’avions pas, lors de la constitution de nos différentes requêtes déposées au tribunal administratif.
« Responsable mais pas coupable ! »
Nous vous communiquons ci-joint quelques extraits de ce rapport et pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient le consulter dans sa totalité, il vous suffit d’aller sur le site de la cour des comptes :
htpp://www.ccomptes.fr
puis cliquer sur « recherche avancée » et taper « SMICVAL » dans « termes à rechercher » et lancer la recherche.
Vous trouverez le rapport du 13/10/09 auquel est associé une réponse du président Marois de 8 pages sans compter toutes les pièces jointes et annexes qui en représentent autant. M. Marois cherche-t-il à se justifier, lorsque l’on sait qu’il a déjà apporté une réponse aux observations qui lui ont été communiquées, à titre provisoire, par la chambre ?
Ce rapport doit être bien gênant pour M. Marois car, lors du dernier conseil syndical du SMICVAL, notre cher président n’a pas lu ce rapport à l’assemblée comme la loi l’y oblige mais une synthèse écrite de sa main. Cette synthèse vous sera communiquée lors de notre prochaine information. Cela vous permettra de juger des différences notoires existant entre les deux documents.
Curieusement, le journal Sud-Ouest ne s’est pas fait l’écho de ce rapport de la chambre régionale des comptes. Pourtant, ils se sont intéressés de très près au problème du coût des ordures ménagères de la haute-gironde. Troublant ! On peut supposer que les colonnes doivent être pleines de nouvelles plus importantes.
Que dit ce rapport (extraits):
1. concernant la fusion
« Bien qu’une étude comparative financière des incidences liées au rapprochement des deux syndicats ait été réalisée en juin 2004, la chambre constate que les conséquences de la fusion sur les coûts du SMICVAL n’ont pas été véritablement évaluées, le rapport d’orientation budgétaire de mars 2005 allant même jusqu’à prévoir une baisse des participations demandées aux membres. »
Commentaire AD2CG : si l’on en croit M. Marois, c’est dû au manque de temps, à l’urgence et à une crise venue d’ailleurs ( ?). Lorsque l’on sait que les présidents des deux SMICTOM étaient en 2004, M. Marois et M. Boulmé, et ce depuis plusieurs années, cette fusion, qu’ils ont conçue et réalisée eux-mêmes, aurait été faite dans la précipitation ! Balivernes !
2. concernant la crise financière
« A la fin de l’année 2006, le SMICVAL s’est retrouvé face à une très grave crise financière dont les origines multiples ont été identifiées à la fois par un cabinet extérieur et par le comptable :
- l’inscription du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA) en recettes budgétaires sur la base des travaux budgétés et non pas sur la base de ceux effectivement réalisés, ce qui revenait pour le SMICVAL à anticiper de deux années le versement de cette recette ;
- le versement tardif des contributions des collectivités membres ;
- des erreurs dans la reprise des résultats des deux syndicats fusionnés pour un montant de 2,7 M€ ; un excédent d’investissement de 0,4 M€ a ainsi été repris au lieu d’inscrire 2,3 M€ de dépenses d’investissement à financer ;
- la prise en charge par le SMICVAL des dépenses du dernier trimestre 2004 des deux SMICTOM (2,4 M€) ;
- l’augmentation de 20 % du prix du marché de collecte signé à la fin de l’année 2004 pour le territoire de la Haute Gironde ;
- des dépenses nouvelles comme celles liées à la deuxième phase des travaux de réhabilitation du centre d’enfouissement de Saint Girons d’Aiguevives ;
- la fermeture administrative de son centre d’enfouissement technique de Petit Palais, prononcée par arrêté préfectoral du 22 juillet 2005.
La chambre constate que, face à ces coûts supplémentaires et à une mauvaise évaluation budgétaire, le SMICVAL n’a plus été en mesure de payer ses principaux fournisseurs. A la fin de l’année 2006, le retard de paiement s’établissait à plus de six mois pour 6,2 M€ qui ajoutés aux 2,7 M€ d’investissements non financés ont formé un « trou » de 8,9 M€, correspondant à près de 40 % des dépenses réalisées en 2005. »
Commentaire AD2CG : Et pendant tout ce temps, le SMICVAL par les voix de son président et de son avocat Me. Becquevort nous répondaient que nous tenions des discours simplistes, malsains et politiciens…
3. concernant l’étalement des charges
« La résolution des problèmes financiers s’est traduite en tout premier lieu par la souscription fin 2006, de plusieurs emprunts pour un montant de 16 M€ dont 4,2 M€ renégociés et 6 M€ remboursables en cinq ans destinés à couvrir le retard de paiement des factures qui ont toutes été honorées en janvier 2007 grâce à ce dernier emprunt.
Corrélativement le SMICVAL a choisi, en recourant au principe comptable des charges à répartir, d’étaler ces dépenses sur la durée de l’emprunt, l’impact budgétaire et comptable étant lissé sur la période 2007-2011.
Cependant, l’instruction budgétaire et comptable M 14 limite aux frais d’acquisition des immobilisations, aux pénalités de renégociation de la dette capitalisée, aux frais d’émission d’emprunt obligataire et aux charges à étaler correspondant aux frais d’étude ou de réorganisation des services la possibilité d’inscription en charges à répartir. Les dépenses d’exploitation ne figurent donc pas au nombre des charges pouvant faire l’objet d’un étalement.
De plus, le SMICVAL a choisi de différer son étalement des charges à compter de 2007 contrairement à la règle qui exige un amortissement l’année même où la charge est constatée.
Malgré cette non-conformité à la règle, force est de constater que le SMICVAL n’avait pas d’autres alternatives sauf à hausser les participations de ses membres dans des proportions qui auraient été inacceptables, voire insupportables pour les contribuables.
Le budget 2007 s’est d’ailleurs traduit par une hausse de 30 % destinée en partie à couvrir la première année de rattrapage de charges ».
4. concernant la politique tarifaire
« Cependant, la chambre constate que la répartition analytique des coûts en quatre zones ne correspond pas au découpage en neuf zones que le SMICVAL a défini en 2006 pour fixer sa politique tarifaire. Aussi, invite-t-elle le SMICVAL à s’interroger sur l’intérêt d’une plus grande adéquation entre le découpage comptable et le découpage tarifaire.
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Au total, les contributions appelées et les impôts levés se sont élevés à 14,2 M€ en 2005, 16,5 M€ en 2006, 22 M€ en 2007 et 22,7 M€ en 2008.
L’ensemble de ce dispositif appelle plusieurs observations.
Tout d’abord pour les années 2005 et 2006, le coût de référence moyen par habitant n’a pu être expliqué, ni étayé à défaut de disposer à l’époque, d’une comptabilité analytique .
A partir de 2007, la comptabilité analytique donne des indications sur les coûts supportés par le syndicat. Mais, compte tenu de son organisation, elle n’est pas encore suffisamment précise pour permettre d’affirmer que le produit appelé par habitant est en parfaite adéquation avec le service rendu et le coût supporté par le SMICVAL. »
Commentaire AD2CG : nous avons toujours dénoncé et prouvé dans nos différents recours que la participation demandée n’était pas proportionnelle au service rendu et à son coût.
5. Concernant l’analyse financière
« La chambre a constaté un écart important entre les prévisions budgétaires relatives aux investissements et les réalisations. Ainsi, le taux de réalisation s’est dégradé depuis 2005 puisqu’il n’était plus que de 23 % en 2007, année où le SMICVAL a pourtant dressé un plan pluri annuel d’investissement (PPI).
De plus, la chambre s’interroge sur la sincérité de prévisions budgétaires largement supérieures aux montants inscrits au PPI. Pour l’année 2007, le PPI prévoyait des investissements à hauteur de 3,5 M€. Or le SMICVAL a ouvert des crédits budgétaires pour un montant de 6 M€ (classe 2) et n’a effectivement réalisé que 1,4 M€.
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Jusqu’à l’année 2007, le SMICVAL a calculé les restes à réaliser comme la différence entre les crédits inscrits au budget et les crédits mandatés ou ayant fait l’objet d’un titre sous déduction des crédits annulés. Or, les restes à réaliser en investissement se définissent réglementairement comme des crédits engagés non mandatés ou n’ayant pas fait l’objet d’un titre.
La tenue d’une comptabilité d’engagement est donc déterminante pour évaluer correctement les restes à réaliser dont la fiabilité est nécessaire pour bâtir un budget réaliste. Elle est aussi un outil indispensable pour assurer un véritable contrôle de gestion.
La chambre a relevé l’absence jusqu’en 2007 de comptabilité d’engagement, pourtant obligatoire depuis 1992, ce qui a conduit à une surévaluation très importante des «restes à réaliser».
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La chambre s’interroge sur la pertinence du recours à des formules de taux d’intérêts complexes qui se caractérisent par plusieurs allers-retours possibles entre taux fixe et taux variable. Même si le recours à de telles formules a permis d'obtenir un taux fixe inférieur aux taux du marché, cet avantage n'a été obtenu qu'en contrepartie de l'acceptation du risque de passer en taux variable au dessus d'un certain seuil, risque que le SMICVAL a eu d'autant moins intérêt à courir puisqu'il souhaitait se couvrir contre une hausse des taux.
Si le recours à des taux variables a pu être favorable au cours des années 1999 à 2005, ce choix apparaît moins pertinent par rapport aux risques engendrés par les hausses éventuelles de taux. De plus, les collectivités territoriales ne disposent pas des données nécessaires pour anticiper les retournements de tendance et opter pour l’indexation la plus pertinente.
Par ailleurs, la chambre s’interroge sur l’information donnée à l’assemblée délibérante lorsqu'elle s’est prononcée sur la souscription de ces emprunts qui ne peuvent être compris spontanément et sans un minimum d'explication, que par un public de spécialistes des questions financières. Cette situation montre que la souscription de tels produits nécessite une excellente maîtrise des techniques financières, afin de bien évaluer les avantages et les inconvénients des différentes options possibles et d'être ainsi en mesure d'effectuer des choix pertinents en matière de taux et d'index.
Il apparaît, de plus, que si le SMICVAL a résolu temporairement ses problèmes de trésorerie en souscrivant des contrats avec remboursement différé, il devra nécessairement faire supporter à ses membres l’ensemble de ces charges majorées des frais financiers générés ».
Commentaire AD2CG : en conclusion, nous allons éponger la dette encore pendant plusieurs années, alourdie des intérêts d’emprunts. Redevance ou taxe, il faudra payer les erreurs passées de nos dirigeants. Le SMICVAL, pour reprendre l’excellente image de notre avocat, c’est le mariage de l’aveugle et du paralytique. Chers contribuables et citoyens, ne condamnez pas les responsables, ils ne sont pas coupables !
Seules les victimes que nous sommes devront trinquer. Bonnes fêtes à tous !